Oswald Durand

Petit-fils du baron de Vastey, Oswald Durand est le poète national d'Haïti. Comme son aïeul, il est toujours d'actualité...


Maison natale d'Oswald Durand (photo : Laurent Quevilly)

Oswald Durand est né au Cap-Haïtien le 17 septembre 1840. Orphelin de mère lors du tremblement de terre de 1842, il fut élevé par la veuve du baron de Vastey, sa grand-mère dont je perds la trace à Ouanaminthe. Autodidacte, il sera professeur au Cap puis directeur du lycée des Gonaïves. Journaliste, il a collaboré avec Domesmar Délorme au journal L'Avenir et fondé la revue satirique  Les Bigailles.
Marié en 1863 à la poétesse Virginie Sampeur on le retrouve secrétaire du Conseil des Ministres en 1868.
Fleur bleue, il divorce en 1871 pour se remarier avec Rose-Thérèse Lescot. De cette union naquirent deux fils : Georges André et François Xavier Durand. Dont descendance. Mais, celui qui se disait le jardinier de toutes les fleurs eut bien d'autres femmes, d'autres enfants. Marie-Philomène, née de Joséphine Pétigny, Jean-Charles Fernand, d'Annela Sévère... On lui prête aussi pour maîtresse la belle Victoire Jean-Baptiste qui fera ensuite les délices d'un président de la république... et de son successeur.
Oswald Durand connaîtra la prison pour ses idées politiques en 1883, année où le pays est en crise. Dans un cachot du Cap, il écrit son célèbre poème en créole, Choucoune, inspiré par une nouvelle amante, Marie Noëlle Bélizaire qui tenait un restaurant rue 19, au Cap. Plus tard, sur une musique de Michel Mauléart Monton, cette chanson fut pour les Haïtiens un second hymne national. Sous le titre Yellow Bird, elle fera le tour du monde par la voix d'Harry Belafonte. A Paris, le poème a été adapté au théâtre par Eric Sauray.

Député en 1885, r
éélu six fois, Oswald Durand sera même, en 1888, président de la Chambre. Cette année-là, à Paris, Durand est reçu en triomphe à la Société des gens de lettres par François Coppée.

Depuis ses 16 ans, Durand s'est adonné à une poésie tantôt sensuelle, tantôt patriotique. Son poème Chant national est devenu l'hymne présidentiel du pays. Ce n'est qu'en 1896 qu'il réunit les vers qu'il avait donnés aux journaux pendant vingt ans dans un double volume intitulé Rires et pleurs. A Haïti, i
ls sont toujours d'actualité :

« Fils de mil huit cent quatre, est-ce que l’étranger
Revient fouler le sol où fleurit l’oranger
Et vous montrer encore son bras liberticide ? »
 
Ou encore...

« Car je hais ces pieds plats, ces cuistres
Ces pêcheurs de vertu, ces souteneurs du mal
Qu’ils soient généraux ou ministres ;
Je hais tous ces poseurs, ces marchands de harengs
À l’esprit étroit, au front bête
Qui comptent en marchant, tandis que leurs parents
Pour un sou se cassent la tête.
Qui comptent sur leurs doigts l’infâme gain du jour.
Je hais ces profonds politiques
Qui raisonnent sur tout, guerre, finance, amour
Et royaumes et républiques
Et qui font trente cuirs, quand ils ouvrent le bec (...) »

C'est Oswald durant lui-même qui, le premier, affirmera que les Vastey étaient cousins d'Alexandre Dumas. Dans le livre, Le baron de Vastey, nous consacrons tout un chapitre à ce sujet.



.